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Après l'accession au trône d'Angleterre (1154) d'Henri Plantagenêt, époux d'Aliénor d'Aquitaine, l'estuaire de la Gironde devient, pour trois siècles, la voie d'accès au domaine des rois d'Angleterre en Aquitaine.
C'est le trafic du vin qui prédomine entre l'Aquitaine et l'Angleterre, surtout après 1226 quand Henri III favorise l'introduction des vins bordelais dans son royaume. D'autres régions s'approvisionnent depuis peu en vin (Normandie, Bretagne, Flandres) et les vins d'amont, expédiés au printemps, viennent s'ajouter aux vins bordelais qui partent à l'automne. On en charge aussi à Libourne, Bourg, Blaye, Mortagne, Meschers, Royan, Macau, Margaux, Pauillac.
Dans l'année 1305-1306 cent mille tonneaux de vin sont ainsi expédiés.
Il faut y ajouter du pastel (plante exploitée en teinturerie pour sa couleur bleue),
du safran et des armes.
À l'importation, poissons séchés, cuirs, peaux, draps et métaux
viennent du nord de l'Europe ; l'huile, la cire et le sucre du Portugal et de l'Espagne ;
des côtes saintongeaises : le sel.
Les navires et les marins sont avant tout anglais (40% en 1303-1304), bretons, normands
ou basques. Très peu sont bordelais.
Pour accéder à l'estuaire les navires peuvent se repérer grâce
au plus vieux phare de France, la tour de Cordouan, construite à l'époque
du Prince Noir (XIIIe s.).
Pendant près de trois siècles, le trafic en Gironde est perturbé par
les conflits entre les rois de France et les ducs d'Aquitaine - rois d'Angleterre.
L'estuaire est le théâtre de combats en 1406, 1442 et 1451 où une
bataille navale se déroule devant Blaye. La menace que font peser les corsaires talmondais
sur les flottes de commerce est plus fréquente encore.
Pour faire face aux pirates basques, cantabres, bretons, rochelais ou normands, les navires se groupent en convois atteignant 200 navires.
© Conservatoire de l'estuaire de la Gironde 2006-2008